RAPPORT DU CHSCT : les personnels de l’ESPE en danger !!!!

Communiqué intersyndical FSU/CGT/CFDT Espe d’Aquitaine

23 novembre 2016

Suite à un rapport du service Santé au travail de l’établissement qui, en juillet 2015, suspectait des risques psychosociaux à l’ESPE d’Aquitaine, le CHSCT de l’Université de Bordeaux, a effectué une série de visites sur la période de juin à octobre 2016. Ce rapport indique que le taux de personnels qui se disent en souffrance à l’ESPE est nettement supérieur à la moyenne de l’université intégratrice et signale :

« * une situation générale d’une tension extrême avec des attaques sur les personnes (en entretien, on nous a relatés des situations extrêmes : personnes ostracisées par leurs collègues, personnes poussées à la faute professionnelle par vengeance, menaces, agressivité, retrait de responsabilités ou de charges de cours dans une logique punitive) ;

* un sentiment d’abandon (par les collègues, les supérieurs, la direction, l’Université de Bordeaux) ;

* des personnes à bout (en entretiens : pleurs, émotivité, colère à peine maîtrisable ; suivi médical ; prise de médicaments psychotropes pour tenir le coup, le rapport de la médecine du travail abonde dans ce sens) ;

* une volonté de partir (avancer l’âge de la retraite, obtenir une mutation, etc.). »

Le rapport indique en outre que « les données analysées montrent sans aucune ambiguïté la situation de souffrance au travail d’une large proportion des personnels, avec des niveaux de détresse régulièrement élevés et, dans certains cas, très inquiétants. De plus, les rapports du service santé au travail ainsi que les entretiens réalisés avec les membres du personnel de l’ÉSPÉ établissent le lien entre, d’une part, les symptômes psychologiques et physiologiques observés et d’autre part l’organisation de travail et le management. »

Plus alarmant encore, le CHSCT signale que « les problèmes organisationnels semblent avoir augmenté depuis le début de l’année universitaire 2016-2017, dans le cadre de la mise en œuvre des nouvelles maquettes de formations. »

Alors que la direction de l’ESPE se montre incapable d’organiser la mise en œuvre de maquettes que les personnels ont largement contestées, de nombreux collègues déclarent leur détresse et d’autres sont déjà en arrêt de travail. Tous sont dans l’attente de solutions institutionnelles pour instaurer une ESPE respectueuse de ses personnels et de ses étudiant.es afin de servir le projet ambitieux d’une formation professionnelle et universitaire des enseignant.es et CPE.

À ce sujet, le rapport du CHSCT faisait entre autres les recommandations suivantes :

* « Une communication efficace de la part de l’Université de Bordeaux pour montrer aux personnels de l’ESPE qu’ils ne sont pas laissés à eux-mêmes, que l’université de Bordeaux a conscience des difficultés et que des actions se mettent en place pour améliorer la situation rapidement. »

* « Modifier les pratiques managériales et l’organisation du travail. Constituer une équipe dirigeante qui, par sa connaissance et son expérience de la formation des enseignants, soit en mesure de rétablir un cadre de travail serein et efficace. »

* « Affecter des moyens humains supplémentaires dans les services administratifs les plus marqués par le manque de personnel et de turn-over. »

 

Depuis la publication du rapport, la direction de l’ESPE reste silencieuse et tente par différents moyens de faire oublier ou de minimiser les problèmes et la souffrance des personnels. L’intersyndicale rappelle que, à chaque fois que les personnels ont eu la parole dans une élection au sein de l’ESPE depuis 2013, ils ont soutenu les candidats de l’intersyndicale. Dernièrement encore (le 4 novembre 2016), les deux candidats de l’intersyndicale ont été largement élus lors d’élections partielles pour les représentants du personnel au Conseil d’École.

Mardi 22 novembre l’université de Bordeaux a proposé aux personnels du seul site de la Gironde une « restitution » en grand groupe, sans que la matinée n’ait été banalisée ni que la date ait fait l’objet d’une concertation. Du coup de nombreuses personnes n’ont pas pu se libérer. Grâce à l’intervention de l’intersyndicale, la réunion a toutefois pu être diffusée en visio-conférence sur les sites ESPE à l’extérieur de la Gironde.

Les organisations syndicales ont profité de l’occasion pour remercier les membres du CHSCT ayant conduit l’enquête : la qualité, la franchise et le courage de leur travail a permis de mettre à jour ce que nous disons depuis de nombreux mois et que la direction de l’ESPE veut cacher : les personnels souffrent grandement de ce qui leur est imposé.

Par contre la réunion du 22 novembre a confirmé le mépris avec lequel sont traités les problèmes humains à l’ESPE d’Aquitaine : à aucun moment le directeur de l’ESPE ou la directrice des services administratifs n’ont émis le moindre regret, ni reconnu le moindre tort, ni admis leur part de responsabilité dans ce qui frappe les personnels. De plus les mesures proposées par l’université de Bordeaux ont fortement déçu par leur caractère différé et inadapté, comme si la mesure de la gravité de la situation n’avait pas été prise :

* Les recommandations du CHSCT sur le point capital de la gouvernance de l’ESPE sont balayées et la direction est confortée dans son action ;

* l’audit extérieur recommandé par le CHSCT est repoussé sine die ;

* le nouveau « conseil des partenaires », qui a été créé sans que les personnels de l’ESPE n’y soient représentés, est arboré comme une réponse au mal-être des personnels (on croit rêver !) ;

* quelques mesures de faible ampleur, relevant d’ailleurs d’une gestion ordinaire, ont été avancées : réécriture de certaines fiches de postes pour clarifier certaines missions, etc. Ces mesures ont été présentées dans un langage bureaucratique (« optimisation des processus décisionnels », « analyse des circuits de demandes », « optimisation de la subsidiarité », « fluidification des processus », etc.) tout à fait inadapté à la prise en compte de la dimension de l’humain qui se situe au cœur de la souffrance professionnelle.

* par contre la proposition répétée de dialogue et de table-ronde que nous faisons depuis juin, que l’intersyndicale au niveau de l’université de Bordeaux a relayée par une lettre en juin, et que nous avons relancée à trois reprises lors de la réunion du 22 novembre, a été refusée par la direction de l’université, ce qui n’est pas la moindre des violences qui nous sont infligées.

Voilà tout ce qui est proposé pour solutionner nos problèmes de souffrance professionnelle. Cette réaction de l’université de Bordeaux est extrêmement décevante ; elle est également totalement irresponsable.

Six semaines après la publication de ce rapport accablant, les personnels de l’ESPE attendent toujours un message de leur direction ou de la direction de l’université attestant que le problème a été pris en compte…

Six semaines après la publication de ce rapport accablant, la direction de l’ESPE n’a ouvert aucun débat sur le sujet, n’a sollicité ni les personnels ni leurs organisations syndicales pour envisager les modifications nécessaires, comme si la situation n’avait aucun caractère d’urgence et de gravité…

Six semaines après la publication de ce rapport accablant, une proportion importante de personnels n’a bénéficié d’aucune amélioration ni d’aucun allègement de la tâche…

La direction persiste à suivre la trajectoire de sa désastreuse politique et de sa conception brutale du management universitaire. Cela fait maintenant 3 ans que l’intersyndicale dit ce que le rapport confirme aujourd’hui.

Faudra-t-il qu’un drame se produise pour que nous soyons enfin écoutés et respectés ?

L’intersyndicale en appelle solennellement à la présidence de l’Université de Bordeaux. Six semaines après la publication d’un rapport montrant incontestablement la gravité des risques que subissent les personnels de l’ESPE, il faut maintenant prendre ses responsabilités et répondre à leur souffrance au travail, autrement qu’en dénigrant leurs organisations syndicales et en regrettant la diffusion légitime de ce rapport.

L’intersyndicale appelle les personnels à participer massivement aux réunions syndicales qui seront organisées sur tous les sites dans les jours qui viennent. Prenons la parole, proposons des modifications de notre cadre professionnel, imposons à la direction une prise en compte de la situation inquiétante de notre école et de ses personnels.

D’autres initiatives vont être proposées au personnel dans les jours qui viennent.

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