Saisie du CHSCT : enquête auprès des personnels

La CGT s’associe à une démarche intersyndicale : le 29 octobre 2014, nous avons saisi le Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail de l’Université de Bordeaux (CHSCT) à propos du développement inquiétant du mal-être au travail chez certains enseignants et agents de l’ESPE, phénomène qui n’épargne évidemment pas les usagers de l’école (étudiants et FS). Voici le message adressé aux personnels de toutes les catégories. N’hésitez pas à nous contacter pour participer à l’enquête sur nos conditions de travail.

Cher(e)s collègues,

notre école vit des moments difficiles. En ces temps de pression budgétaire et de désorganisation de nos cadres de travail, les personnels de toutes catégories et de tous statuts, qui sont en première ligne pour continuer à “faire tourner” l’école, sont souvent atteint de plein fouet par les effets des dysfonctionnements institutionnels et organisationnels. Récemment, nos organisations syndicales ont été alertées par des signes de découragement ou de mal-être au travail qui conduit à une hausse significative des arrêts de travail pour raisons médicales et. Plusieurs démissions douloureuses se sont déjà produites. Dès le mois d’octobre, nous avions alerté la direction sur ce phénomène inquiétant et nous avons pris l’initiative de saisir le Comité Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail (CHSCT) de l’Université de Bordeaux.

Pour rendre notre démarche efficace et conforme à la réalité du phénomène, nous recensons actuellement les collègues qui connaissent un mal-être professionnel qui peut par exemple les conduire à éviter d’être présents sur les sites de l’ESPE. Si vous souhaitez être associés à ce recensement, de façon anonyme ou non, nous vous remercions de bien vouloir répondre à ce message en indiquant aussi précisément que possible les faits que vous voulez que nous exposions au CHSCT.

Bien cordialement

pour l’intersyndicale de l’Espe d’Aquitaine

Pascal Grassetie (FSU), Jean-François Dupeyron (CGT) et Jocelyne Liger-Martin (CFDT)

pour répondre :

pascal.grassetie@free.fr

j-f.dupeyron@wanadoo.fr

jocelyne.liger-martin@dbmail.com

message aux personnels CHSCT

écrire à cgt.espeaquitaine@laposte.net

chsct

3 réactions à “Saisie du CHSCT : enquête auprès des personnels

  1. Fatiguée, dégoutée, énervée, démunie… Voici les quelques mots qui résument ma situation, et celle de beaucoup d’autres jeunes collègues.

    Enseignante contractuelle depuis un an au sein de l’académie de Limoges et titulaire d’un DSAA (Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués Textile : Bac+4), j’ai été reçu major au concours CAPET Externe Arts Appliqués option Design. Néanmoins, une fois les résultats tombées, j’ai eu le malheur d’apprendre que j’étais affectée sur l’académie de Poitiers (académie dites « prioritaire » pour l’accueil des stagiaires Arts Appliqués, mais qui ne figurait pas sur ma liste de voeux.) Alors que l’établissement dans lequel j’exerçais jusque là pouvait normalement m’accueillir de nouveau pour mon année de stage. Première déception, mais soit, j’encaisse. Je laisse mon conjoint et ma maison afin de faire mes bagages direction une petite ville des Deux-Sèvres à une heure environ de Poitiers.
    Une fois sur place, j’apprend que l’inspecteur responsable jusque là des enseignants en Arts Appliqués a été muté, et ne sera pas remplacé… Et bien évidemment, pas d’inspecteur donc pas de tuteur…! Un mois sans savoir vers qui me tourner… Je décide donc de contacter mon ancienne inspectrice afin de faire avancer les choses. Et les choses ont enfin avancé… Doucement. J’ai enfin deux tuteurs pour le prix d’un : un tuteur de terrain au sein de mon établissement mais qui n’exerce pas ma discipline, et un tuteur disciplinaire qui exerce ses fonctions à 150 km de mon établissement. Moindre mal.
    Mais c’était sans compter sur le fait que l’ESPE de Poitiers ne dispose pas de la discipline Arts Appliqués! Et que le rectorat de Poitiers faisait pression afin que je lui fournisse une attestation d’inscription en M2! Mais où m’inscrire? CATASTROPHE! Je risquais de tout perdre : stage, concours, M2…! Et finalement une « solution » a été trouvé : j’ai été inscrite en M2 MEEF SII… Il est vrai que des Arts Appliqués aux Sciences de l’Ingénieur, il n’y a qu’un pas…!
    Après cinq ans d’études supérieures consacrées à l’apprentissage du Design et des Arts Appliqués, ainsi qu’une expérience professionnelle en tant que designer freelance depuis 2010, et un an d’expérience en tant qu’enseignante contractuelle, me voici assise sur les bancs de l’amphithéâtre de l’ESPE… Milieu qui m’était jusque là complètement inconnu, et où je ne trouve pas ma place! Quelques modules pratiques sont intéressants, cependant la plupart des cours sont ultra théorisés et ne correspondent guère à ma pratique et aux besoins spécifiques de l’enseignement en Arts Appliqués. Je me sens perdue et dévalorisée…

    Et bien évidemment, je me permet de rajouter, que tout comme mes chers collègues de galère, je suis exténuée, fatiguée, déprimée…! J’ai beau avoir un an d’expérience en amont du concours, le rythme est bien difficile à suivre. Je ne dors pas, je ne mange pas… J’attend désespérément que les collègues de technologie et de sciences physique mettent concrètement au point le clonage ou la démultiplication humaine… Entre les préparations de cours, les cours devant élèves, les corrections, les projets internes à mon établissement, les réunions d’équipe, les réunions parents-enseignants, les déplacements, les embarras administratifs, les cours en tronc commun à l’ESPE, le mémoire, le portfolio, les contrôles continus, le C2I2E, et les formations disciplinaires (qui vont bientôt être mises en place, je l’espère…), je ne vais pas tenir longtemps…

    Pourtant, je vous le dis le plus sincèrement du monde, j’aime mon métier, et j’aime profondément enseigner… Je n’ai pas fait tout ce chemin pour abandonner, ce n’est pas dans mes habitudes. Pourtant, cette idée me taraude de plus en plus…

    Alors laisser moi faire mon travail! Laissez nous faire NOTRE travail! AIDEZ-NOUS!

  2. Une autre professeur stagiaire épuisée et en colère. Une autre professeur stagiaire qui se rend à l’ESPE avec la boule au ventre car elle sait qu’elle va assister à des cours de M2 qui ne lui serviront à rien (puisqu’elle est déjà diplomée), et qui perds une vingtaine d’heures par semaine sur les bancs de l’ESPE au lieu de préparer ses cours. Cette « formation » (qui n’en a que le nom!!!) demande un travail colossal et nous fait perdre un temps précieux! Aucun outil nous est donné pour nous apprendre à gérer nos classes, et nous nous retrouvons désarmés, deux mois après notre première rentrée.
    Nombreux d’entre-nous ont déjà démissionné, d’autres sont en arrêt maladie (moins de deux mois après la rentrée!!), alors que nous étions tous enchantés d’être à mi-temps pour pouvoir bénéficier d’une formation! La désillusion est terrible! Nous avons passé nos vacances à préparer des oraux/écrits pour les différents contrôles continus que l’on nous impose, et reprenons aujourd’hui le chemin de nos établissements, aussi fatigués qu’avant les vacances!

    Les choses ne peuvent pas rester comme cela, nous avons besoin de votre AIDE!

  3. Impossible de dormir. Boule au ventre lorsque je dois me rendre à l’espe. La promo est divisée en 2, ceux qui ont déjà capes et M2 (ou dispensés) et ceux qui doivent l’avoir cette année. L’ambiance est pourrie, et certains formateurs osent enfoncer le clou en nous montant les uns contre les autres et en insinuant que ceux qui font partie de la lutte seront saqués. 5 ans d’études après le bac + un concours national en poche (l’agreg pour plusieurs d’entre nous) et il nous est demandé de repasser un master, d’effectuer 30 contrôles continus dans l’année (3 pour chaque UE) + un mémoire, sans vacances scolaires, + la charge d’enseignement,… et les prépa dans tout ça? et nos élèves?

    QUI se préoccupe de nos élèves, qui voient arriver en face d’eux des jeunes gens qui n’ont jamais enseigné et qui se retrouve avec 20h hebdo de formation à 6h hebdo de route de leur établissement (formation complètement inadaptée puisque voulu pour ceux n’ayant pas encore de master et/ou capes!!!) en plus de leurs 9h heures d’enseignement?
    QUI ne sait pas que même un prof expérimenté ne peut pas faire mieux que 20h hebdo de présence s’il entend préparer correctement ses cours et se préserver de la fatigue et du stress inhérents à ce métier? COMMENT peut-on alors demander PLUS DU DOUBLE à des stagiaires?
    QUI a pu croire que ça marcherait? AQUI profite tout ça?

    Vais-je tenir? Serais-je titularisée? Ai-je réellement envie de rentrer dans une telle institution, dont la mission de transmission des valeurs à une jeunesse déjà en perdition semble largement parasitée par la mission moins noble de « former » ses jeunes enseignants à la résignation, pendant qu’elle embauche pour faire face, des contractuels sans aucune formation ni même qualification…
    QUAND est-ce que les choses vont enfin reprendre leur place, les gens leurs droits, les élèves leurs enseignants ? QUE doit-on être prêts à sacrifier ? Notre temps ? Notre santé ? Notre intégrité ? Nos diplômes ? Nos espoirs ?

    TROP C EST TROP, et là on atteint le fond. Le fond du problème. Si personne au ministère ou au sein des universités ne se sent prêt à concéder l’évidence : cette « formation adaptée » n’est qu’un immense gâchis, alors nous pouvons craindre le pire quant au grand projet de « refondation de l’école publique », si les premiers à en souffrir sont les élèves et enseignants, alors rien de bon n’en sortira, c’est l’avenir de l’éducation nationale qui se joue, ni plus ni moins. Au travers de la « formation » de ses futurs enseignants. Je ne suis pour ma part pas prête à cautionner ce système que l’on essaye de m’imposer, sans aucune concertation. Mes enfants méritent mieux qu’une génération de profs aigris, stressés et toujours si mal formés, trahis et humiliés par leur propre employeur à qui il a déjà donné indirectement 5 ans post bac plus un concours NATIONAL pour se retrouver malmenés par le directeur d’un ersatz d’IUFM qui se prend pour Dieu tout puissant.

    Il ne faut pas laisser passer ses injustices et aider notre système à s’améliorer, il faut PARLER HAUT ET FORT, SE FAIRE ENTENDRE, SE FAIRE COMPRENDRE. IL FAUT BOUGER SI NOUS VOULONS QUE LES CHOSES BOUGENT, PERSONNE NE LE FERA A NOTRE PLACE. CE SONT NOS EMPLOIS, NOTRE FORMATION, NOTRE AVENIR, QUI SE JOUENT ICI. Et au-delà de ça, c’est de LA FORMATION DE NOTRE JEUNESSE dont il s’agit, donc de l’avenir de toute une nation.

    AIDEZ-NOUS !!!

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